Eg

exposition

du 27 avril au 27 mai 2020

MJC de Cavaillon

Le plongeon dans l’univers d’Eg est une promenade enchanteresse et magique. Le regard redevenu celui de l’enfant, débarrassé de toute culture et codes, traverse des siècles d’histoire de l’art, avec la joie des insouciants. Rares sont ceux qui peuvent en témoigner : la toute première sculpture d’Eg ressemble à s’y méprendre à une sculpture de l’immense artiste roumain Constantin Brancusi -alors qu’elle ne connaissait pas l’existence de cet artiste, ni aucune de ses œuvres. 

 

En d’autres temps, le travail d’Eg eût été classé dans la catégorie de l’«Art brut » puisqu’ Eg n’a été élève d’aucune école d’art. Son seul guide et maître, dès le premier geste :  l’instinct. 

 

Ce premier et seul guide s’est avéré de bon conseil, loin des modes et courants artistiques et culturels, Eg ne défend aucune des causes portées par ses admirateurs, c’est une drôlerie sur laquelle son talent continue de se balader, toujours aussi naïf que l’enfant au Musée, toujours aussi conscient, aussi, de l’importance du geste créatif désintéressé.

Ses toiles peintes évoquent tour à tour Jackson Pollock dans la puissance gestuelle, Brancusi et ses structures ; Klein par ses aplats, Kandinsky et ses architectures. Elles étourdissent l’œil en pointillisme effréné, se meuvent, graphiques. Leurs contours d’une douceur inouïe, leur chatoyance alliée à une extrême précision, la quasi brutalité -jets, tâches dont le geste s’affirme, puissant et généreux- s’unissent dans un optimisme de couleurs sans cesse renouvelées : Eclatant !

 

Si l’on prête alors attention aux matériaux, aux techniques, on réalise que l’artiste s’approprie tout ce qui est à sa portée pour servir son élan. Ne vous y trompez pas : si Eg récupère et créé de tout ce qui l’entoure, ce n’est pas par militantisme, par conscience écologique, défense de telle ou telle cause ou par défit intellectuel.  Ce n’est que pure nécessité -jeu, aussi peut-être, qui en découle- de créer. Toute matière entre ses mains devient prétexte à créer.

 

Que raconte-t-elle ? L’histoire ne le dit pas. Cependant elle a tant à raconter du monde qu’on en reste subjugué.

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